
Wolfgang Pauli
Physicien théoricien quantique
"Même la science la plus objective ne peut se passer de postulats de nature psychologique ou symbolique."
L'essentiel en bref
Biographie
Le prodige de la physique
Wolfgang Pauli naît à Vienne en 1900. C'est un véritable enfant prodige. À peine âgé de 20 ans, il rédige un article magistral de 200 pages sur la théorie de la relativité d'Einstein, qui stupéfiera Einstein lui-même. Il devient rapidement l'un des piliers de la révolution quantique dans les années 1920, aux côtés de Bohr, Heisenberg et Schrödinger.
Connu pour son esprit brillant mais aussi pour son caractère acerbe et son honnêteté intellectuelle impitoyable, on le surnommait la « conscience de la physique ».
La crise existentielle et la rencontre avec Jung
En 1930, Pauli traverse une violente crise. Le divorce de ses parents, le suicide de sa mère, et son propre mariage désastreux qui ne dure que quelques mois le plongent dans la dépression et l'alcoolisme. Son père, inquiet, lui conseille de consulter le psychiatre Carl Gustav Jung, qui habite près de Zurich où Pauli travaille.
Jung est immédiatement fasciné par le matériel onirique de Pauli. Ne voulant pas influencer les rêves d'un scientifique d'une telle envergure, Jung confie d'abord Pauli à l'une de ses élèves. Au cours des années suivantes, Pauli notera plus de 1300 rêves, d'une richesse symbolique inouïe (souvent liés à l'alchimie et à la physique), que Jung utilisera abondamment dans ses propres livres.
Travaux majeurs
Le principe d'exclusion (1925)
Principe fondamental stipulant que deux fermions (comme les électrons) ne peuvent pas occuper le même état quantique simultanément. C'est ce qui explique la structure des atomes, la chimie et la solidité de la matière. (Prix Nobel 1945)
Le Neutrino
En 1930, pour sauver le principe de conservation de l'énergie lors de la désintégration bêta, Pauli postule l'existence d'une particule fantomatique, sans masse ni charge : le neutrino. Son existence ne sera confirmée expérimentalement que 26 ans plus tard.
Visions & Théories
Complémentarité et Unus Mundus
Pauli était convaincu que l'exploration de la matière (physique) et l'exploration de l'esprit (psychologie de l'inconscient) atteignaient toutes deux une frontière commune au milieu du XXe siècle.
Il pensait que les archétypes jungiens étaient non seulement les fondements de la psyché humaine, mais aussi les principes ordonnateurs de l'univers physique. La synchronicité, selon lui, était la preuve que la distinction entre observateur et objet, entre intérieur et extérieur, était une illusion créée par notre conscience humaine. La réalité ultime est l'Unus Mundus.
L'Effet Pauli
Au-delà de la théorie, Pauli est célèbre pour une anomalie amusante et terrifiante : l'« Effet Pauli ». Il était de notoriété publique parmi les physiciens que la simple présence de Pauli dans une pièce suffisait à provoquer des pannes de matériel expérimental, des bris de verre ou des courts-circuits.
Un exemple célèbre : l'explosion d'un équipement de précision dans le laboratoire du professeur Franck à l'Université de Göttingen. Franck écrivit à Pauli à Zurich en plaisantant qu'au moins cette fois, il n'y était pour rien. Pauli répondit qu'à l'heure exacte de l'explosion, son train pour Copenhague s'était arrêté en gare de Göttingen.
Pauli prenait cet effet très au sérieux. Il le considérait comme un phénomène synchronistique classique, où sa propre tension psychologique refoulée interagissait physiquement avec son environnement matériel de manière a-causale.
Ouvrages de référence
Physique quantique et psychologie (Correspondance)
Recueil des lettres fascinantes échangées entre Pauli et Jung de 1932 à 1958, abordant les liens entre alchimie, rêves, physique quantique et ovnis.